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Inteva en redressement judiciaire

L’équipementier automobile Inteva Products, qui emploie 663 salariés en France, a été placé en redressement judiciaire par le tribunal de commerce d’Orléans le 10 juin. Notre Fédération est aux côtés des salariés pour trouver des solutions préservant l’emploi.


16 Juin 2020

La crise économique qui commence à toucher durement la filière automobile vient-elle de faire sa première victime ? La mise en redressement judiciaire d’Inteva, spécialiste des éléments électriques des véhicules, le 10 juin semble apporter une réponse à cette question. Alors que l’entreprise avait déjà subi deux réorganisations successives qui commençaient à porter leurs fruits –mais avait abouti à délocaliser une partie des savoir-faire vers des pays low-cost–, sa direction a pointé le rôle de la conjoncture actuelle, citant « l’arrêt total des trois sites de production […] lié au covid-19, le fort ralentissement des ventes de véhicules neufs et le lent redémarrage des clients » pour expliquer sa situation. L’équipementier automobile a aussi précisé que l’accès au dispositif de Prêt Garanti par l’État (PGE) lui avait été refusé pour cause de fragilité financière. N’étant plus en mesure de payer ses dépenses courantes ordinaires, l’entreprise s’est cependant dite en capacité de continuer ses opérations et d’honorer ses commandes pour le moment. Bercy affirme être prêt à se pencher sur le dossier et à proposer une solution. « Chiche ! », répondent les 176 salariés de Sully-sur-Loire (Loiret), les 246 d’Esson (Calvados) et les 241 de Saint-Dié-des-Vosges (Vosges), soutenus par l’USM du Calvados et son secrétaire Dominique Jacquot, et par notre Fédération, dont le secrétaire général Frédéric Homez est d’ailleurs intervenu auprès du ministère de l’Economie.

Car pour eux, l’annonce n’a rien de rassurant. Le redressement judiciaire a beau être assorti d’une période d'observation de six mois, afin de permettre une reprise des sites industriels, la volonté affichée de l’équipementier de céder l’implantation vosgienne et de transférer son activité en Roumanie est des plus inquiétantes. « Nous sommes le dernier site en France à fabriquer des serrures automobiles et la pression sur les prix qu’imposent les donneurs d’ordre depuis des années n’a fait que préparer une manœuvre dont la crise sanitaire n’est qu’un prétexte », regrette la DSC FO Inteva Sophie Lerognon. Filiale du groupe américain Renco, Inteva continue en effet à recruter pour son site mexicain et semble mettre la crise à profit pour se réorganiser au plan mondial avec la réduction des coûts pour seule boussole. Il pourrait même racheter le site d’Esson, qui réalise de jolis bénéfices. « Les salariés français craignent d’être sacrifiés sur l’autel de la crise, résume le secrétaire fédéral Laurent Smolnik, et en l’absence de réponse de l’Etat, c’est ce qui risque de se passer. » Pour FO, outre la poursuite du financement des PSE en cours, tout doit être fait pour maintenir les sites et les emplois en France dans le cadre de projets pérennes tant industriellement que financièrement. Un premier point d’étape est attendu pour le 16 juillet autour des dossiers des repreneurs potentiels.


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