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Renault Sandouville : un mauvais coup pour les salariés

Le 11 mai devait marquer le retour au travail après une longue attente pour les métallos de Renault Sandouville, en Seine-Maritime. Mais à cause des manœuvres d’une autre organisation syndicale, le site a fermé à nouveau ses portes avant même d’avoir pu les rouvrir en grand. FO dénonce un procédé malhonnête et prémédité, qui traduit surtout un mépris de l’industrie et de ses salariés.


11 Mai 2020

Alors que le déconfinement devenait une réalité le 11 mai, des dizaines de milliers de salariés attendaient de pouvoir enfin retourner travailler. Parmi eux, les 2 000 salariés et 700 intérimaires du site normand de Renault Sandouville. Dans cette usine, comme dans de nombreuses autres sur le territoire, FO s’était fortement impliquée, au travers de ses équipes, pour mettre en place des mesures de sécurité et de protection sanitaire via un protocole de reprise. A jeu égal avec la CGT chez Renault Sandouville, l’équipe FO emmenée par Fabien Gloaguen s’était d’ailleurs montrée particulièrement exigeante sur le fond. Résultat : depuis le 28 avril, les salariés de Sandouville apprenaient à se familiariser avec la nouvelle organisation du travail pour valider eux-mêmes le protocole sanitaire du Groupe Renault, effectuant une reprise progressive dans le cadre social défini par le contrat de solidarité et d'avenir signé avec FO, la CFDT et la CFE-CGC le 2 avril 2020.


Mais le 7 mai, la machine se grippe. Une ordonnance de référé du Président du tribunal judiciaire du Havre ordonne à Renault de "suspendre la reprise de la production" sous peine d’astreinte de "3.000€ par infraction et par jour de retard". Au cœur du dossier, un détail de procédure : le référé ne juge pas le protocole sanitaire mis en place sur le site mais annule la procédure de consultation-information du CSE du 23 avril pour des questions de forme, et donc toutes les décisions qui en découlent. Sur le site, c’est la consternation. « Les salariés sont en colère, cette décision de justice on ne la comprend pas. Cette fermeture ne reflète pas ce qu’il se passe sur le site. C’est un problème administratif, on ne parle pas de sanitaire », tempête le délégué FO Fabien Gloaguen. Nous avons participé au CSE malgré le confinement, l’équipe syndicale a suivi de près le protocole sanitaire. Tous les jours, les métallos FO sont auprès des salariés sur le terrain depuis la reprise et pour l’instant nous n’avons que des retours positifs. Nous estimons que le protocole sanitaire est respecté. »


Pour notre organisation, il s’agit avant tout d’un coup politique. « La CGT avait prémédité son action, fustige le secrétaire fédéral Laurent Smolnik. Elle n'a participé à aucun CSE, aucune commission de sécurité, aucune commission sanitaire, aucun audit depuis mi-mars, prétextant qu'elle n'avait pas reçu les mails de convocation... alors même qu'elle les a reçus pour participer aux réunions du CSEC dont elle vient d’obtenir l’annulation ! » La décision de justice est d’autant plus effarante qu’il existe un décalage manifeste entre ce qui a été fait et les conclusions du référé, qui ne tiennent pas compte du travail effectué par les élus dans les nombreuses commissions sanitaires et les CSE, dans lesquelles les élus CGT ont choisi d'appliquer la politique irresponsable de la chaise vide. Mariette Rih, déléguée syndicale centrale FO de Renault, pointe également l’attitude irresponsable de la CGT qui, montrant une conception toute particulière de l’intérêt des salariés, « ne veut pas depuis le début que les entreprises de la métallurgie reprennent le travail ». En attendant, il va falloir reprendre la procédure de consultation à zéro et convoquer les élus au CSE et à la CSSCT par huissier (!) puisque les représentants CGT qui y siègent ne peuvent pas être contactés par mail, selon ce qu’ils ont déclaré dans la procédure…


Cette affaire, qui apparaît montée de toutes pièces, laissera des traces mais risque surtout d’avoir de graves conséquences pour les salariés, qui soutiennent massivement la position de FO. Le site étant bloqué pour au moins une dizaine de jours, ce sont 700 intérimaires qui se retrouvent, en attendant, sans travail. Pour l’ensemble des salariés se posent aussi des questions cruciales : Comment seront-ils indemnisés ? Le chômage partiel est-il encore applicable dans cette situation ? Dans quelles conditions ? Quel sera l’impact sur l’activité du site avec une reprise reportée à une date inconnue à ce jour ? Pour FO Métaux, avec un tsunami économique et social qui se profile, c’est l’esprit de solidarité et de cohésion associé à un dialogue social permanent et la négociation qui reste sans conteste l’unique façon de préserver nos emplois, et non une stratégie d’opportunisme sur le dos des salariés. « Aujourd’hui, l’urgence et la priorité est d’apprendre à vivre malgré le COVID-19, conclut Laurent Smolnik. Garantir la santé et la sécurité des salariés, c’est garantir l’emploi. »


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