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Détails d'une actualité


FOM 579 - De l'énergie à revendre

Dans ce numéro, retrouvez le compte-rendu du séminaire électrique qui s'est déroulé à Chalon-sur-Saône les 9 et 10 octobre et a réuni plus de 200 participants. Au programme également, toute l'actualité sociale et syndicale de notre organisation.


01 Novembre 2018 Télécharger

L'EDITO DE FREDERIC HOMEZ


Les valeurs que nous défendons


Le « Canard enchainé » du 10 octobre a révélé l’existence d’un fichier "fliquant" les cadres de FO, dont toutes les Unions Départementales et Fédérations. Cette triste affaire, et nous sommes désolés pour celles et ceux qui ont été touchés au plus profond d’eux-mêmes, a sali le plus haut niveau de notre Confédération. Dès lors, en désaccord avec de telles pratiques impensables, inacceptables et impardonnables, nous avons demandé au secrétaire général de la Confédération de prendre ses responsabilités.
Une précision importante : il a reconnu les faits en indiquant que « c’était une connerie et une erreur », et qu’il n’avait pas validé ce fichier ! Ce que nous pouvons dire, c’est qu’il a tellement fait de mal à des personnes dans notre organisation syndicale que la diffusion de ce fichier, que nous ne tolérons pas, ne nous étonne même pas. Depuis, nous avons appris par lui-même l’existence d’autres fichiers.
Les instances confédérales de FO, par le biais du Bureau Confédéral du 15 octobre et de la CE Confédérale du 17 octobre, ont condamné la méthode de fichiers dénonçant l’orientation sexuelle ou l’appartenance politique, tout comme les jugements diffamatoires et les appréciations tendancieuses et insultantes qui ne correspondent en aucun cas aux valeurs que nous défendons à FO. Pour notre part, nous avons également condamné la gestion arbitraire du secrétaire général, tant vis-à-vis des membres du bureau confédéral que des détachés, du personnel et des formateurs. Une méthode de gestion inacceptable digne de l’un de ces "patrons voyous" que nous condamnons dans certaines entreprises.
Le 17 octobre, nous avons pris acte de la démission du secrétaire général de notre Confédération et nous remercions toutes celles et tous ceux qui avaient réagi et défendu les valeurs de FO. Quant à celles et ceux qui ont cru à un complot, ont laissé faire ces méthodes de flicage et de gestion interne tant vis-à-vis des détachés que du personnel, des formateurs et des confédéraux, ils ou elles vont avoir du mal à se regarder dans un miroir.
Cette crise, et nous nous en félicitons, n’aura duré qu’une semaine puisque nos instances confédérales ont pris rapidement leurs responsabilités. La page est tournée et un Comité Confédéral National a été convoqué les 21 et 22 novembre pour élire un nouveau secrétaire général. Pour notre Fédération et nos instances fédérales qui se sont réunies à Paris les 25 et 26 octobre, il convient de trouver un candidat de consensus capable de rassembler notre organisation syndicale et de défendre nos valeurs et notre indépendance. Ce candidat, cela va de soi, ne devra pas être marqué politiquement.
Face à cette situation de crise que vient de traverser notre organisation syndicale, il est plus que jamais utile de rappeler nos valeurs républicaines que nous avons toujours défendues, la liberté de pensée et de choix individuel, politique, philosophique et religieux de chaque militante et militant. Nous avons pu nous rendre compte positivement que cette situation n’affecte pas le travail de nos délégués sur le terrain. Pour preuve, nous notons les excellents résultats des élections professionnelles d’ArcelorMittal Méditerranée qui se sont déroulées du 15 au 19 octobre à Fos-sur Mer : elles ont vu notre organisation syndicale remporter 25,69 % des voix avec une forte progression de FO de 12,66 points.
Notre Fédération n’a qu’un seul objectif : défendre sur le terrain, avec nos déléguées et délégués, les intérêts des salariées et salariés. Et pour notre Confédération, un seul souhait : qu’elle applique les orientations votées lors des instances confédérales.


L'EVENEMENT


Séminaire électrique, électronique, nucléaire et secteurs rattachés (navale, ferroviaire, organismes de contrôle, ascenseurs) :
De l’énergie à revendre


Les 9 et 10 octobre, les métallos FO se sont retrouvés à Chalon-sur-Saône pour le premier séminaire de formation inter-congrès de notre organisation, rassemblant près de 200 responsables syndicaux FO de l’électrique, de l’électronique, du nucléaire et des secteurs rattachés (navale, ferroviaire, organismes de contrôle, ascenseurs). Réunis autour de leur secrétaire fédéral Eric Keller et en présence d’une partie de l’équipe fédérale emmenée par le secrétaire général de la Fédération FO de la métallurgie Frédéric Homez, ils ont pu, entre les sessions de formation, tenir de riches échanges sur la situation de leur secteur et de leurs entreprises, ainsi que sur les actions de notre organisation.


Frédéric Homez : « se battre pour notre réformisme »


Le secrétaire général de la Fédération FO de la métallurgie Frédéric Homez a pris la parole pour conclure les travaux du séminaire par un point sur l’actualité particulièrement dense de notre organisation. Convention assurance chômage, qualité de vie au travail, les arrêts de travail et leur possible mise à la charge des entreprises, prélèvement à la source, dépendance, plan pauvreté, loi Pacte, loi avenir professionnel, et surtout retraites : le gouvernement est à l’offensive tous azimuts et notre organisation a fort à faire pour défendre les droits et acquis des salariés. Frédéric Homez a souligné que, sur le dossier des retraites, « un important combat est à venir. Si nous parvenons à mobiliser largement au travers d’une véritable unité syndicale, alors la victoire est à notre portée. » Mais pour cela, il est impératif de convaincre les salariés, les chômeurs et les retraités, ce qui passe par une solide stratégie d’information et de communication, sous peine d’un échec inacceptable. Le secrétaire général de notre Fédération est également revenu sur la loi avenir professionnel, qui écarte les branches de la formation professionnelle, au risque de casser un système juste et efficace pour les salariés.
Face aux nombreuses provocations du président de la République, il a plaidé pour un arrêt de « la destruction de nos droits sociaux et collectifs, mais aussi l’arrêt des attaques contre le syndicalisme. » Déplorant les mécanismes mis en place par les ordonnances Macron, en particulier les CSE, il a rappelé que FO devait rester combative et trouver des solutions. La Fédération FO Métaux a d’ailleurs réagi rapidement et mis en place des formations spécifiques sur le sujet, déjà suivies par plus de 600 métallos en quelques mois. Il a également exhorté les métallos FO à se prévaloir de la lettre paritaire sur les CSE obtenue par notre organisation pour négocier dans leurs entreprises de meilleurs accords sur ce sujet, à faire remonter à notre Fédération. Il a ensuite effectué un rappel sur la méthode et les enjeux concernant la négociation en cours pour la refonte du dispositif conventionnel de la métallurgie, sur l’action de FO Métaux au sein du CNI et sur la représentativité.
Il a conclu par une explication sur le congrès confédéral de Lille et sur ses suites. « Lors de ce congrès, de nombreux métallos ont voulu s’exprimer. Ils ont refusé le lynchage de Jean-Claude Mailly et ont considéré qu’il était malavisé de le juger sur les six derniers mois de ses 14 années de mandats, et ils ont eu raison, car le désaccord n’exclut pas le respect. » Au moment où se tenait le séminaire, notre organisation se trouvait à nouveau au centre de l’actualité, pour des raisons purement internes. Néanmoins, Frédéric Homez a clairement exprimé la position de notre Fédération quant au fichage des cadres de l’organisation : « c’est inadmissible et impardonnable, un tel comportement est impensable à FO. » Il a assuré les métallos FO de la fermeté de notre Fédération et de sa détermination à se battre pour le réformisme, que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur de FO.

Eric Keller : « combattre l’érosion des effectifs »


Le secrétaire fédéral Eric Keller a ouvert les travaux du séminaire en félicitant les métallos FO pour leur dynamisme, constatant qu’à chaque édition de ce rendez-vous, ils étaient plus nombreux malgré un contexte économique et social difficile et mouvementé. Revenant sur le contenu du rapport d’activité, qui aborde les différents secteurs dont il a la charge et propose un focus sur les grandes implantations FO, il a formulé plusieurs constats. En premier lieu, « il n’y a pas un seul secteur où l’emploi a augmenté au cours des quatre dernières années, a-t-il déploré. Cela n’en reste pas moins une revendication constante de notre organisation et une bataille du quotidien dans les entreprises. » Faire embaucher les intérimaires en CDI ainsi que les apprentis, remplacer les départs en retraite, mais aussi sauver l’essentiel lors des PSE : combattre l’érosion des effectifs est un pilier essentiel du combat pour la défense de l’industrie et les équipes FO n’ont pas ménagé leurs efforts en ce domaine. Au-delà, il a salué l’implication des métallos FO dans la vie de notre organisation et ses nombreux combats, en particulier pour la préservation de notre modèle social.
Fustigeant l’austérité qui a asphyxié l’économie et des mesures politiques comme le CICE qui n’ont profité qu’aux entreprises et surtout à leurs actionnaires, il a rappelé que les négociations salariales menées par FO pour des salaires décents n’aboutissaient que grâce à la détermination des équipes syndicales. « Le redressement des entreprises passe aussi par une reconnaissance de la place fondamentale du social, donc de l’issue des négociations », a-t-il martelé. Il s’est réjoui de voir les idées de notre organisation, exposées dans ses livres blancs pour la défense de l’industrie, reprises par les pouvoirs publics. Là encore, il a souligné que c’était notamment grâce à l’investissement des militants dans les comités stratégiques de filière du Conseil National de l’Industrie que FO influençait les questions de politique industrielle. Face aux défis du numérique, de la transition écologique et d’une mondialisation toujours plus féroce, il n’a pas caché que notre organisation aurait fort à faire pour la défense de l’industrie et des emplois. Il a terminé son allocution en remerciant les délégués pour l’imposant travail de négociation effectué dans de nombreux domaines ainsi qu’au plan de la représentativité, les appelant à rester mobiliser face à un calendrier qui s’annonce chargé.

Laurent Smolnik : « aller au contact des cadres »


Le secrétaire fédéral Laurent Smolnik est intervenu pour un point sur le dossier des cadres, dont il a la charge pour notre Fédération. Chiffres à l’appui, il a montré la relative fragilité de notre représentativité au sein de cette population et rappelé que la préoccupation fédérale à cet égard était déjà ancienne. Inscrivant les récentes initiatives, qu’il a présentées aux participants, dans la continuité des précédentes, il n’a pas caché que si notre Fédération avait progressé au 3ème collège depuis 2013, le nombre de cadres avait progressé plus fortement encore. « La structure de la population active change, a-t-il prévenu, et si nous ne touchons pas les cadres, alors nous allons au-devant de graves problèmes. » Insistant sur le fait que rien n’interdisait à FO, organisation non-catégorielle, d’aller chercher des voix chez les cadres, il a souligné que ces derniers avaient changé : « Ils ne sont plus les privilégiés d’hier, ils sont moins protégés, les entreprises ne cherchent plus à les fidéliser et les remplacent régulièrement par des jeunes inexpérimentés mais malléables. Comme tous les salariés, ils ont besoin de nous. »
Exhortant les métallos à aller au contact, il a dévoilé les grands axes du travail mené par le groupe cadres (GTC) de la Fédération pour aider les métallos FO à la syndicalisation de cette population. D’abord, la mise en place du GTC avec pour mission de créer des outils pour nos structures et une communication pour cette cible. Ensuite, constituer un groupe de militants en force d’intervention pour venir aider une équipe sur un établissement de manière ponctuelle. Enfin, mener des actions en Région Parisienne, notamment sur La Défense, qui regroupe 130 000 cadres, en allant sur leur terrain. Cette démarche s’inscrit d’ailleurs dans une logique interprofessionnelle. Il a terminé en présentant les réalisations FO, telles que la création de l’antenne cadres « FOr You ! » à la Défense et le développement de sa présence sur les réseaux sociaux.

Le mot du maire
Le maire de Chalon-sur-Saône Gilles Platret est monté à la tribune pour souhaiter la bienvenue aux métallos FO et souligner le poids de l’industrie dans le département, qui a contribué à le façonner depuis le 19ème siècle. Il a également vanté les bonnes relations entretenues par la municipalité avec les organisations syndicales, présentant les 1 800 agents publics de ses services comme des liens essentiels avec le terrain, jouant un rôle essentiel dans la remontée des problématiques pour le bénéfice de l’ensemble des usagers.


Le mot de l’USM
Le secrétaire de l’USM de Saône-et-Loire Patrick Martin a accueilli les participants au séminaire en leur souhaitant de bons travaux. Il a ensuite présenté son département, qui compte 19 000 salariés répartis sur 500 entreprises, focalisant en particulier sur la métallurgie. Avec FPT et ses 1 300 salariés, les implantations Areva qui en comptent plus de 2 000, mais aussi de grosses structures comme Aperam, Itron ou encore Nexans, « la métallurgie pèse d’un poids considérable sur notre territoire », a expliqué Patrick Martin. L’USM regroupe une dizaine de syndicats et poursuit son expansion, mettant notamment à profit la large offre de formation fédérale car « le syndicalisme, cela s’apprend ».

 

Kan Matsuzaki : « un rôle démocratique »


Le directeur du secteur électrique/électronique pour IndustriALL Global Union Kan Matsuzaki est monté à la tribune pour présenter l’organisation et les actions du géant syndical mondial, dont FO Métaux est un des piliers. Expliquant le rôle incontournable du syndicalisme dans la défense des salariés, il a ajouté que « des organisations syndicales fortes et démocratiques sont essentielles dans la construction d’un système social égalitaire et efficace ». Il a aussi appelé à dépasser les frontières nationales pour devenir une vraie force face au capitalisme mondialisé. Pour cela, seul un travail commun avec tous les affiliés à IndustriALL Global Union donne des résultats. A cet égard, il a cité le cas des accords cadres mondiaux que signe l’organisation avec des multinationales et qui apporte des garanties pour les salariés.
Il s’est également inquiété des perspectives pour l’emploi face à la digitalisation, qui est en train de bouleverser des pans entiers de l’industrie. Prenant l’exemple du chinois Foxconn, qui fabrique des composants de téléphonie mobile et remplace ses salariés par des robots, il a souligné que les syndicats devaient s’organiser pour éviter ce genre de dérive. « Nous devons préparer l’industrie du futur avec les gouvernements et les industriels pour défendre l’emploi. Pour cela, il faut continuer de se développer. » S’inquiétant de la montée des extrêmes, en Europe et dans le monde, il a conclu en rappelant que les syndicats devaient être en première ligne dans la défense de la démocratie.

Interventions des métallos : « ne rien lâcher »

 
Lors de leurs prises de parole, les délégués ont évoqué la situation de leur entreprise, mais sont aussi revenus plus largement sur les difficultés auxquelles ils sont confrontés au quotidien et sur les défis que doit relever le syndicalisme réformiste pour continuer d’exister, pour progresser et apporter des réponses aux attentes de plus en plus nombreuses des salariés.

Christian Merot, DSC ATOS /Bull
« Il y a quatre ans, ATOS, où ne pesions rien, rachetait Bull où nous représentions 30 %, mettant en danger notre représentativité. A force de plans de développement et d’un travail acharné, nous sommes aujourd’hui incontournables chez ATOS et continuons d’y progresser ! Dans cette entreprise de service informatique, tout est fait pour la rentabilité et les actionnaires. Pour les salaires et les salariés ? Heureusement qu’il y a FO. Les effectifs, essentiellement des cadres, sont malmenés. Les délocalisations et externalisations touchent tout le monde, jusqu’à la R&D ou les fonctions support. Nous avons perdu 1 700 salariés sur 5 700 en quatre ans. Nous nous dressons contre cette logique et nous sommes de tous les combats. Nos succès sont obtenus au prix d’un travail constant et épuisant. Pour continuer, et avec la mise en place des CSE, il nous faut peser plus. Notre priorité va à la syndicalisation et au renforcement de notre présence chez ATOS. »

 

Philippe Ciccione, Synergie Cad
« Au sein de notre entreprise spécialisé dans la fabrication de circuits électroniques complexes, nous pouvons nous féliciter d’une forte hausse de notre nombre d’adhérents. Les relations avec la direction ne sont pas simples mais nous ne lâchons rien et cela paye. Le recours à l’offre de formation fédérale nous a également bien aidés à gagner en confiance et en maîtrise. Ces formations nous ont apporté des outils et des connaissances qui sont essentielles dans la pratique du syndicalisme aujour’hui. Les résultats ne se sont pas fait attendre puisque lors des élections pour la mise en place du CSE, en avril dernier, nous sommes passés de 27% à 41 % ! Au niveau de l’USM des Alpes-Maritimes, dont je suis le secrétaire, nous voyons également arriver de nouveaux militants. Beaucoup sont issus de la branche électrique, très présente dans notre département avec des entreprises telles que Schneider, Legrand ou encore Koné. »

 

Jean-Noël Laroche, DSC Itron
« Les PSE se succèdent depuis de nombreuses années dans notre groupe de solutions de comptage pour l’eau, le gaz et l’électricité, avec une pointe entre 1998 et 2006. Depuis 2014, nous avons vu le démantèlement de la R&D et le transfert d’une partie de la production vers la Hongrie ou l’Allemagne. Cette année, c’est le site de Reims qui ferme, avec une perte de 183 postes et le départ de l’activité pour la Pologne. L’avenir n’est pas plus rassurant. Le site de Massy cherche un repreneur tandis que celui de Chasseneuil, après avoir produit 6,5 millions de compteurs Linky, ne sait toujours pas quelle production va prendre la suite et assurer la suite pour ses 210 salariés. Les salariés n’en peuvent plus de payer les mauvais choix de nos actionnaires américains, d’autant que le futur des sites français semble se résumer à un seul mot : fermeture, sur l’autel du profit bien sûr. Nous pesons de toutes nos forces pour défendre l’emploi et les sites. »

 

Dominique Sciot, DSC Nexans
« Notre groupe, présent dans 40 pays avec 26 000 salariés, produit du câble pour tout type d’usage. En France, nous comptons 16 sites de fabrication et le siège social de La Défense, pour un total de 2 500 salariés. Entre les PSE, les externalisations et les fermetures de sites, nous souffrons. Cette année, nos résultats sont en baisse, comme le cours de l’action. De nouvelles pertes de marchés pourraient prochainement impacter encore nos sites. Majoritaire chez Nexans, notre organisation ne signe plus les NAO depuis plusieurs années, refusant de cautionner une politique salariale au rabais. Nous avons cependant négocié et signé sur d’autres thématiques, comme la parité, le télétravail ou la prorogation des mandats. Après les ordonnances Macron, et face à un manque d’engagement des jeunes sur le terrain, nous avons des inquiétudes quant à la relève syndicale, d’autant qu’il va falloir faire plus avec moins de moyens. »

 

Anne-Marie Chopinet, DSC Gemalto
« L’année 2019 débutera probablement par notre rachat par Thalès. Après des années de croissance et d’innovation, la direction de notre entreprise a eu la folie des grandeurs et s’est durement fait sanctionné par la bourse en 2016. FO avait pourtant prévenu des risques... La nouvelle direction s’est contentée d’une stratégie très limitée : réduction des coûts via des externalisations. Face à la chute de l’action, Gemalto, pourtant bénéficiaire, a dû recourir à un PSE qu’elle a rendu possible en organisant le déficit de la filiale française et pouvoir ainsi profiter des ordonnances Macron pour licencier au nom de la compétitivité l’an dernier. FO a mené la bataille sur tous les fronts. Une fois l’OPA d’ATOS repoussé, c’est celle de Thalès qui est passée mais les intentions du groupe restent floues. Nous sommes rachetés pour notre expertise en cybersécurité et internet des objets, mais quid du reste de nos activités ? Seule certitude : on va nous demander encore plus de rentabilité et il faudra se battre, d’autant plus difficilement que le CSE va nous faire perdre beaucoup de moyens. » 

 

Charles Menet, Alstom, Saint-Ouen
« Notre établissement spécialisé dans la signalisation ferroviaire est composé à 90 % de cadres. Ces dernières années, alors que le groupe était démantelé et voyait sa partie énergie cédé à General Electric, FO s’est battue pour les sites et les emplois. Lorsque la fermeture de Belfort a été annoncée, nous avons su mobiliser contre une décision injustifiée et avons même obtenu des engagements de l’Etat sur des commandes publiques. Le site a quand même perdu 1300 salariés, malgré des embauches de cadres du fait de délocalisations et d’externalisations. Du coup, une partie des commandes débloquées grâce à FO sont produites dans des pays lowcost… Depuis l’an dernier, nous nous battons autour de l’absorption annoncée d’Alstom par Siemens. Si l’opération se réalise, nous savons que des dividendes exceptionnels seront versés aux actionnaires mais qu’il n’y aura rien pour les salariés. Encore une fois, nous avons agi au plus haut niveau et eu des promesses de l’Etat. Avec le CSE, les conditions de nos prochains combats seront plus dures. »

 

Jean-Charles Bigotière, DSC Schneider Electric SEEF
« Depuis 2013, nous ne cessons de perdre des emplois et ceux que nous parvenons à sauver sont trop peu nombreux. Nous en sommes au point où le PSE touche les comptables et la solidarité à leur égard est bien moins forte que quand les départs touchent l’atelier. Derrière, nous avons de gros problèmes de burn-out car la pression est toujours plus forte pour faire autant avec moins de monde. Pour agir sur ce point, nous avons un bel outil : le CHSCT. Mais le passage à la CSSCT dans le cadre du CSE nous inquiète. Faudra-t-il aller vers davantage d’action si le CSSCT ne nous permet plus la même efficacité ? Au-delà, n’oublions pas que nous sommes le syndicat de la fiche de paie, car tout passe par là : la retraite, le chômage, la sécurité sociale, etc.  C’est la base de tout et nous ne devons jamais cesser de revendiquer des augmentations.

 

Eric Devy, DSC Framatome
« Nous avons connu beaucoup de moments difficiles ces quatre dernières années, notamment un plan de départs volontaires qui a concerné 3 400 salariés sur 30 000. Il a également fallu gérer l’éclatement d’Areva en trois entités distinctes, Framatome s’occupant de la fabrication des éléments de centrale nucléaire. Nous n’en avons pas moins négocié de bons accords et, le cas échéant, de bonnes conditions de départ. Il y a une forme de schizophrénie chez nous car lors de la fin du PDV, en octobre 2017, nous comptions plus de salariés qu’au début. C’était en fait une question d’image : pour pouvoir emprunter, il a d’abord fallu licencier, quitte à réembaucher après. Au passage, nous avons perdu de nombreuses compétences. Nous nous sommes également battus sur les salaires, refusant de signer trois années de suite des accords ineptes. Depuis deux ans, nous obtenons satisfaction en la matière. Nous devons conforter notre représentativité dans le cadre des élections CSE à venir et l’aide de la Fédération est ici précieuse. »

 

Jérôme Loriot, ATOS/Bull Centre Est
« Notre petite équipe grandit et se développe chez ATOS. Aujourd’hui, nous pesons près de 54 % dans une entité qui concentre pourtant plus de 90 % de cadres. L’aide de la Fédération est des plus utiles dans nos opérations de développement. Cependant, le congrès confédéral de Lille a laissé des traces, a fait des mécontents, et tous n’ont pas bien compris le positionnement de notre Fédération lors de cet événement. Des éclaircissements sur ce douloureux épisode nous seraient bien utiles sur le terrain. »

 

Gilles Roger, Comeca Systems
« Dans notre groupe, l’emploi stable se réduit au profit d’une masse salariale flexible composée d’intérimaires et de CDD, auxquels s’ajoutent beaucoup d’heures supplémentaires se montant à une moyenne de 162 par an et par salarié. Ils sont demandeurs de ces dernières car la politique salariale est inexistante chez nous. Nous rencontrons également des problèmes de recrutement sur le métier de câbleur, car avec une telle absence de politique salariale, Comeca Systems n’arrive pas à attirer les bons profils. La sous-traitance en profite, la concurrence grandit, les prix chutent ; la question de notre avenir et de celui de nos métiers se pose. Au plan syndical, constituer des équipes et nous renforcer figure au rang des priorités mais la baisse de moyens consécutive à la mise en place du CSE ne nous aide pas. Nous devons trouver du concret à proposer pour recruter la relève car il y aura d’autres ordonnances attaquant le syndicalisme et il faudra être nombreux pour le défendre. »

 

Cédric Zielinski, DSC Koné
« Dans le secteur des ascenseurs, notre organisation est en deuxième position et vise la première. Chez Koné, nous sommes d’ores et déjà majoritaires avec 48 % des voix. Malgré la mise en place des CSE, nous comptons bien continuer de progresser. Dans le secteur, les effectifs fondent, la politique salariale est minimaliste et les montages financiers favorisent toujours plus les actionnaires. Malgré un regain de commandes lié au Grand Paris et aux JO de 2024, nous peinons à recruter. Nos métiers ne sont plus assez attractifs et nous avons entamé des démarches auprès de la Fédération des ascenseurs pour rendre tout leur lustre à nos professions. Au niveau de la Région Parisienne, dont je suis le secrétaire, nous enregistrons chaque année de nouvelles sections et de nouveaux adhérents. Beaucoup de PAP ont été négociés et il a souvent fallu batailler pour obtenir davantage de moyens par rapport au minimum prévu par la loi. Dans tous les domaines, les formations fédérales ont été d’excellents atouts. »

 

Stéphane Martegoute, responsable fédéral pour la navale
« Les effectifs de la navale en Europe ont subi un déclin important ces 10 dernières années avec la fermeture de plusieurs chantiers navals. Cette baisse d’effectifs constatée en France semble aujourd’hui enrayée avec une recrudescence d’activité pour les chantiers civils et militaires. Ce secteur industriel reste d’une importance stratégique pour notre pays. Il nous faut maintenir notre leadership sur les navires de haute technologie car la Chine a pris la première place sur les navires commerciaux et il ne lui reste plus qu’à devenir le premier armateur pour contrôler la plus grande partie des échanges commerciaux, et ce grâce à des subventions étatiques utilisées pour mieux détruite toute concurrence. L’Europe doit agir. Les travaux du comité de dialogue social naval européen consistent à interpeller la Commission pour poursuivre et améliorer les actions définies dans le cadre de Leadership 2020 pour les 10 années à venir. Certes, l’activité s’améliore mais elle est loin d’avoir retrouvé son niveau de 2007. Il faut aussi renforcer la filière en se dotant de vrais centres de démolition, non seulement dans une perspective écologique mais aussi pour préserver les matières premières. »

 

Thierry Gruet, Schneider, Angoulême
« Les 900 salariés répartis sur nos deux sites sont à 30 % des cadres. Nous avons su y conquérir 52 % des voix en 2014 et comptons poursuivre notre progression avec la mise en place du CSE, bien que la parité sur les listes soit un casse-tête chez nous. Il faut davantage œuvrer à convaincre les cadres, qui sont toujours plus nombreux malgré la baisse continue de l’effectif global de Schneider en France. Si le groupe est toujours plus international, notamment dans son management et ses ambitions, il ne doit pas oublier qu’il est français et ne pas déserter son pays d’origine. A présent, c’est notre matière grise que nous craignons de voir partir car la digitalisation pourrait favoriser la délocalisation de la R&D. Nous sommes un fleuron français, mais pour combien de temps encore ? Nous devons continuer de défendre notre industrie et nos emplois en France ! »

 

Thierry Meunier, General Electric Power Conversion
« Nous sommes l’ancienne branche énergie du groupe Alstom et fabriquons des réseaux électriques ou encore des équipements pour l’industrie nucléaire. Depuis notre rachat par General Electric, rien ne va plus. La promesse de création de 1 000 postes n’a pas été tenue et 2019 est pour nous la promesse de restructuration et de PSE. Nous aurons besoin d’aide car nous ne sommes pas représentatifs et n’avons donc pas accès à de nombreuses instances. Sur notre site, FO pèse 66 % des voix, ce qui montre qu’on peut atteindre les sommets si on a un discours audible et crédible, et même dans une société d’ingénierie comme la nôtre, où les cadres sont majoritaires. Cependant, le combat se mène de plus en plus au niveau européen et il faut renforcer notre présence et notre influence à ce niveau si nous voulons continuer de pouvoir agir. »

 

Jean-Luc Saïs, Cordon Electronics
« Notre entreprise, spécialiste de la réparation électronique industrielle, compte une dizaine d’implantations en France et nous sommes présents sur celles de Dinan, Bordeaux et Nîmes. Mais avec des sites au Brésil, au Mexique, en Allemagne, en Italie, en Hongrie et en Roumanie, Cordon Electronics se veut un groupe international avec une stratégie internationale. Sa croissance se fonde sur une seule méthode : le rachat au rabais de concurrents. Pourtant, la rentabilité n’est toujours pas au rendez-vous. En conséquence, la politique salariale est inexistante. Si nous sommes majoritaires sur les trois sites où nous sommes présents, dont Dinan qui concentre la moitié des effectifs français et les cadres, nous comptons poursuivre notre maillage en nous basant sur la méthode qui a fait notre succès : un discours réaliste et un gros travail  de terrain. Les élections CSE seront l’occasion de continuer de progresser pour défendre les salariés et l’industrie. »

 

Sylvain Lanzi, Catherine Caneva et Fanny Chameau, Nidec, Orléans
« Notre site fabrique des alternateurs de secours pour les centrales nucléaires. Au fil des rachats, nous sommes devenus Nidec (ex Leroy Somer) et l’avenir nous inquiète car notre actionnaire japonais ne semble pas en avoir la même vision que nous. Néanmoins, nous comptons faire entendre notre voix et le passage au  CSE peut constituer une opportunité de développement pour nous. Depuis notre rachat par Nidec, nous n’avons plus aucun chiffres ni aucune information de notre management. Difficile d’assurer dans ces conditions notre ambition de rester leader du moteur électrique ! Nous nous sommes organisés en coordination FO pour plus d’efficacité et nous voulons être le lien entre les salariés et la direction. Notre travail se focalise également sur les questions de santé, sécurité et conditions de travail. Nous craignons qu’avec la disparition du CHSCT et la mise en place de la CSSCT, ces problématiques perdent leur place et que nous ne puissions plus agir dans ces domaines pourtant essentiels pour les salariés. La pression est déjà très forte, alors nous avons besoin d’un outil solide pour ne pas être muselés. »

 

Vincent Bonier, DSC Apave
« L’Apave intervient dans toutes les entreprises pour vérifier l’application de la réglementation, toujours plus dense et complexe. Nous sommes également le premier organisme privé de formation professionnelle. Nos marchés sont exclusivement nationaux et en pleine expansion, avec cependant des concurrents. La pression sur les prix est forte et c’est sur les salariés qu’elle retombe. Il faut toujours faire plus et plus vite. FO fait de son mieux pour les défendre alors que l’entreprise est en pleine réorganisation pour passer de plusieurs entités régionales à une structure unique nationale. Mais restera-t-on des métallos ? Les organismes de contrôle sont en train de changer de convention collective et l’avenir est sur ce point incertain. La relève syndicale se met en place trop lentement, alors que nous avons plus que jamais besoin de toutes nos forces pour défendre les salariés, mais nous ne lâchons rien. »

 

Emmanuel Jacquelin, DSC Engie Home Services
« Ex Savelys, notre entreprise regroupe 4239 salariés, essentiellement des techniciens, sur 250 agences en France, spécialisés dans le dépannage et l’entretien des chaudières. Malgré des bénéfices record, nous subissons une politique salariale au rabais et les effectifs sont une variable d’ajustement. Pendant qu’on supprime indemnités et primes, on demande aux salariés de faire toujours plus d’interventions, qui permettent à peine un entretien à minima, et de se transformer de surcroît en commerciaux ! Beaucoup choisissent de partir et les remplaçants sont loin d’être prêts, ce qui accroît la pression pour ceux qui restent. Nos huit centres internes de formation s’orientent toujours plus vers le commercial que vers la technique, dérive que FO n’a de cesse de dénoncer. La direction met aussi la pression sur les salariés qui ont eu un accident de travail, ce qui est inacceptable. Nous préparons la mise en place des CSE, mais avec 250 agences et des salariés tout le temps en déplacement, l’équation est complexe. »

 

Mohamed Dali, DSC Legrand
« Nous avons de nombreux défis à relever, au premier rang desquels défendre et représenter les intérêts de tous les salariés. Cela n’a rien d’évident, d’autant que nous sommes attaqués de toutes parts, que les conditions de travail se dégradent et que les salaires stagnent. Chez Legrand, après une longue période de baisse des effectifs, le niveau commence enfin à remonter. Notre organisation est présente dans 10 sites sur 18 et nous avons pour projet de nous développer plus fortement avec nos équipes et l’aide de notre Fédération et de ses USM. Nous devons tenir et nous battre pour les intérêts collectifs et individuels des salariés. »

 

Emmanuel Da Cruz, coordinateur Schneider
« Leader du marché d’équipements électriques, Schneider compte 36 sites en France et grâce au travail des métallos, FO est la 1ère organisation syndicale du groupe. Nous y négocions beaucoup d’accords mais ne signons que si c’est du gagnant-gagnant, mais notre plus grand combat se mène contre la fermeture de nos sites, au rythme de presque un par année. Le groupe se désengage de notre pays et il est impératif d’obtenir une réunion avec le gouvernement et notre direction pour avoir des explications et stopper cette funeste mécanique. En 2017, une longue négociation sur l’emploi et la compétitivité s’est soldée par un échec. FO a refusé de signer car trop d’efforts étaient demandés aux salariés avec trop peu de contreparties. La volonté de se désengager de France de la part de la direction obéit aussi à une logique de représailles, au moins autant que pour améliorer une marge déjà conséquente. Notre slogan « notre industrie, nos emplois » est plus que jamais d’actualité. »


CSE : quelles conséquences ?
Frédéric Gérard et Audrey Munch-Risson, du cabinet Syncéa, ont animé une session de formation autour des conséquences de la mise en place des CSE, notamment sur les expertises. Ils sont entre autres revenus sur les accords structurants du CSE, sur ce qui peut et doit être négocié pour aménager et améliorer ce qui est défini à minima par le code du Travail : composition du CSE, mandats, heures de délégation, etc. La session a été très apprécié des militants qui, tout au long des travaux de ce séminaire, ont fait part de leurs préoccupations quant à la mise en place des CSE.

Les IRP face au CSE
Audrey Daninos, du cabinet Actys, a tenu une session de formation consacrée aux risques  et enjeux pour la représentation du personnel découlant des ordonnances Macron. Reprenant les fondamentaux de ces ordonnances sur la structuration de la représentation du personnel, elle a montré que les compétences restaient les mêmes ; il faudrait remplir les mêmes missions, mais avec moins de moyens. Rappelant la mise à disposition d’une large base de données d’accords déjà signés sur le site internet de notre Fédération (www.fo-metaux.fr), elle a insisté sur la compétence des membres du CSE concernant les questions de santé, sécurité et conditions de travail, même en l’absence de CSSCT. Ce module de formation a été d’autant plus apprécié que nombre d’élus se sont inquiétés, en partageant leur expérience à la tribune, du devenir de ces domaines d’action syndicaux.


ACTUALITE SOCIALE


Jinjiang FVM à la recherche d’un avenir


Presque un an après son rachat par le groupe chinois Jinjiang, la fonderie FVM Technologies, à Villers-la-Montagne (Meurthe-et-Moselle) ne semble toujours pas tirée d’affaire. Le secrétaire fédéral Lionel Bellotti s’est rendu sur place le 10 octobre pour échanger avec le secrétaire du syndicat FO Jean-Louis Jullien et son équipe, ainsi qu’avec le secrétaire de l’UL de Longwy Michel Mengin, qui les soutient dans l’épreuve.
Les promesses n’engagent-elles que ceux et celles qui les croient ? Un an après avoir échappé à la liquidation, les métallos FO de FVM Technologies sont assez sceptiques quant à celles formulées par Jinjiang, le géant chinois qui les a rachetés. Devant le tribunal de commerce, ce repreneur s’était engagé à investir dans cette fonderie de métaux légers pour le moderniser et le fiabiliser, à embaucher de nouvelles compétences et à rechercher de nouveaux clients. En compagnie de Lionel Bellotti, venu faire le point avec eux le 10 octobre, ils ont fait ce constat amer : le compte n’y est pas. Les investissements et les embauches se font attendre, la rénovation et l’entretien se font à minima. Avec quatre changements de direction depuis le rachat, la stratégie industrielle brille par son absence. Bref, Jinjiang se contente de maintenir FVM à flots. « Depuis 1983, de redressement en liquidation, voilà trop d’années que l’entreprise va mal et ne doit sa survie qu’à la détermination des salariés et des métallos FO, qui ont toujours été majoritaires chez FVM, s’indigne Lionel Bellotti. Avoir su continuer le combat si longtemps et dans de telles conditions est admirable. Les salariés ont droit à mieux que ces promesses non tenues ! »
Au terme de cette première année, FO revendique un bilan mais aussi une politique plus offensive misant sur l’humain et les compétences, ainsi que sur un outil plus performant pour aller chercher de nouveaux marchés et de développer de nouveaux produits pour garantir enfin au site une véritable pérennité. Les métallos FO s’inquiètent également de la prochaine renégociation du contrat avec leur principal client, Renault, qui doit assurer à FVM des volumes pour les années à venir. « Plus globalement, notre organisation demande des garanties pour les salariés et l’activité, résume Lionel Bellotti, et ce d’autant plus que la fin de la période de reprise s’approche, et avec elle la fin des obligations du repreneur. » Quoi qu’il advienne, les métallos FO de FVM l’ont déjà prouvé par le passé : ils ne baisseront pas les bras.


Ascoval : la dernière chance


L’aciérie Ascoval, à Saint-Saulve (Nord) est toujours en attente d’une solution pour éviter la fermeture et notre organisation fait tout son possible pour aider les salariés, en lien avec l’USM59 menée par Jean-Paul Delahaie et le représentant syndical FO?Ascoval Dominique Dufner.
Lors du rachat d’Ascometal l’an dernier, le repreneur avait écarté le site de Saint-Saulve, propriété d’Ascometal à 60?% et de Vallourec à 40?%, laissant les 280 salariés de l’aciérie dans une impasse. En janvier 2018, les co-propriétaires du site, le suisse Schmolz+Bickenbach et Vallourec, avaient assuré un plan de charges d'un an à l’usine le temps du redressement judiciaire qui devait prendre fin le 24 octobre mais a été prolongé jusqu’au 7 novembre. Depuis, les métallos multiplient les actions pendant que la justice multiplie les reports d’audience.
Parmi les offres de reprises, ne reste plus que celle du groupe Altifort, qui pose un véritable problème : elle n’est viable que si Vallourec participe au projet à hauteur de 35 millions d’euros, tandis que la région des Hauts-de-France en apporterait 25. Vallourec, également sollicité pour garantir des volumes pour les 18 mois à venir, a fait savoir que la demande n’était pas recevable.
«L’Etat, en tant qu’actionnaire de référence de Vallourec via BPI?France avec 16?% du capital, a une responsabilité dans ce dossier et doit se montrer à la hauteur, a déclaré le secrétaire fédéral Lionel Bellotti. Les salariés ont besoin de garanties concrètes quant à l’avenir de leur site et de leurs emplois.?»
Alors que beaucoup d’observateurs de la sidérurgie considèrent que la France est en sous-capacité de production malgré une demande forte pour un acier de qualité, il est, pour notre organisation, impensable de laisser sombrer Ascoval, une des dernières grosses aciéries électriques de France, quasi neuve et avec de très fortes capacités de production. « La liquidation d’Ascoval entrainerait la fermeture par ricochet d’autres sites industriels liés à notre activité, explique Dominique Dufner. Un véritable château de cartes pourrait s’écrouler, avec la casse sociale qui en découle. »


ACTUALITE SYNDICALE


USM du Morbihan et d’Ille-et-Vilaine : passage de relais


Les métallos FO bretons se sont retrouvés à l’Union Locale de Fougères (Morbihan) le 4 octobre pour le congrès de leur USM. Réunis autour de leur secrétaire Pierre Contesse, qui passait la main, en présence des secrétaires fédéraux Paul Ribeiro et Gérard Ciannarella, du secrétaire de l’UD35 Fabrice Lerestif et de la secrétaire de l’UL Stéphanie Keruzore, ils ont fait le point sur les actions de leur USM.
Œuvrer au maintien de la représentativité de notre organisation pour mieux défendre les salariés, assurer la présence de FO sur l’ensemble des négociations concernant les deux départements, être aux côtés des équipes syndicales en cas de besoin, et avec les salariés en cas de coup dur : autant de missions dont s’acquitte l’USM du Morbihan et d’Ille-et-Vilaine au quotidien, comme l’a montré Pierre Contesse, son secrétaire, dans son rapport d’activité. Lors du congrès du 4 octobre, où il a passé le relais à Julien Le Pape, coordinateur FO Safran, il a été salué par Paul Ribeiro au nom de notre organisation pour le travail accompli à la tête de l’USM. Le secrétaire fédéral est également revenu sur les enjeux de demain pour la structure : « Il faut plus que jamais se développer, et donc créer des implantations et syndicaliser. Pour cela, il faut recentrer les énergies et travailler en amont pour une action toujours plus efficace. » Gérard Ciannarella est venu appuyer le propos en ajoutant qu’il fallait « aller à la rencontre des équipes pour les aider, les soutenir et leur redonner leur place dans cette USM qui doit fédérer les métallos. »
A cet égard, Julien Le Pape a évoqué la préparation d’un plan de développement. Pour cela, il sait pouvoir s’appuyer sur une équipe jeune, dynamique et féminisée. Les échanges avec les participants, notamment autour de la mise en place des CSE et des difficultés qu’ils rencontrent ont notamment permis de renouveler cette volonté partagée par la Fédération et l’ensemble des structures de terrain : le développement demeure au premier rang des priorités de notre organisation.
Le nouveau bureau
Le nouveau bureau élu est composé de Julien Le Pape (secrétaire), Christophe Naël (secrétaire adjoint), Stéphanie Keruzore (trésorière), Karen Davy (trésorière adjointe) et Thierry Delanoe (archiviste).


Coordination Eramet : négocier au mieux les CSE


L’équipe syndicale FO Erasteel de Commentry, dans l’Allier, a accueilli la réunion de coordination Eramet le 3 octobre. Réunis autour du secrétaire fédéral Lionel Bellotti et du secrétaire de l’USM 03 Michel Lagrange, les métallos ont fait le point sur la situation de leurs implantations et les négociations en cours.
Issoire, Pamiers, Les Ancizes, Dunkerque, Champagnole… Les métallos FO du groupe Eramet, toujours assidus aux coordinations FO, étaient venus de toute la France pour leur réunion du 3 octobre. Au cœur de leurs discussions : la mise en place des CSE et la négociation actuellement menée au niveau groupe sur ce point. Avec l’aide de la Fédération, en particulier au plan juridique, ils comptent bien parvenir à un accord solide, qui permette d’obtenir le maximum dans chaque entité pour pouvoir continuer de défendre efficacement les salariés et l’industrie. Lionel Bellotti a d’ailleurs rappelé sur ce dossier l’utilité de la formation fédérale spécialement mise en place par notre organisation avant de considérer, plus largement, l’apport de la formation dans le cadre du développement syndical auquel travaillent les métallos FO d’Eramet.
Après avoir poursuivi les échanges sur les dossiers des retraites et de la prévoyance, les participants ont évoqué la situation de leurs sites, et en particulier ceux de Commentry et d’Issoire. Sur le premier, spécialisé dans les aciers rapides, l’activité repart, mais la partie recyclage qui devait permettre une diversification tarde à se développer. Du côté d’Issoire, l’équipe constate que trop peu d’investissements sont effectués et que le positionnement du site –les pièces destinées au marché aéronautique des gros porteurs– n’était plus porteur. Face au risque d’activité partiel qui pèse sur leur établissement, les métallos FO entendent obtenir le maximum pour les salariés afin d’atténuer l’impact de la mesure.

Coordination PSA : gagner en visibilité


Le 11 octobre, les locaux de notre Fédération accueillaient la coordination FO PSA. Réunis autour de leur délégué syndical central Patrick Michel et de son adjointe Deborah Schorr, et en présence du secrétaire fédéral Laurent Smolnik, les métallos FO du groupe automobile ont longuement échangé sur leurs expériences dans la perspective des élections professionnelles passées ou à venir chez le constructeur pour mettre en place les CSE.
Trémery, Sochaux, Sept-Fons ou encore Mulhouse : d’ici la fin de l’année ce ne sont pas moins de 20 000 salariés qui vont être appelés à voter aux élections professionnelles sur leurs sites respectifs pour les CSE. Pour notre organisation, qui est majoritaire chez PSA et entend bien le rester, l’enjeu est de taille. Pour les équipes syndicales, il est donc essentiel de mettre l’accent sur ce que notre organisation peut apporter aux salariés, en particulier dans les CE qu’elle gère. D’où un échange autour des bonnes pratiques entre les métallos FO PSA lors de leur coordination du 11 octobre. « Nous devons gagner en visibilité, explique Patrick Michel. Nous sommes bons pour le ”faire” mais nous devons muscler le ”faire savoir” en misant sur notre fond réformiste qui apporte du plus aux salariés. » A cet effet, les représentants des sites qui ont déjà mis en place leur CSE ont fait un bilan sur la stratégie à adopter, les écueils à éviter et ce qu’il aurait fallu faire différemment. Le travail sera évidemment enrichi dans les mois à venir et profitera notamment à Sochaux, qui organiser ses élections fin 2018, à Mulhouse qui les tiendra début 2019 et aux sites de la Région Parisienne, comme Poissy ou Vélizy, qui y passeront à leur tour au printemps prochain.
Dans le domaine de la communication toujours, Patrick Michel et Deborah Schorr sont également revenus sur la réflexion en cours autour des moyens d’échange d’informations de la coordination, avec l’ambition de parvenir à un fonctionnement plus fluide et efficace. Laurent Smolnik s’est déclaré enthousiaste quant à ces échanges d’expériences et s’est dit confiant dans les résultats à venir. Les métallos FO ont également procédé à la désignation d’un nouveau trésorier à la place de Patrick Michel en la personne de Christelle Locoche, qui occupe également ces fonctions au syndicat FO PSA Valenciennes. Enfin, parce que l’anticipation est un maître-mot dans notre organisation, Patrick Michel a souhaité que chaque équipe entame les réflexions sur les NAO qui débuteront en 2019 dans un contexte d’inflation en hausse afin de nourrir les travaux de la prochaine coordination.

Liebherr mining-components : une équipe dynamique


Les métallos FO de Liebherr mining-components se sont retrouvés pour l’assemblée générale de leur syndicat le 12 octobre à l’Union locale de Colmar autour de leur secrétaire Corinne Walspurger. En présence du secrétaire fédéral Paul Ribeiro, du secrétaire de l’USM du Haut-Rhin Jean-François Ansel et du secrétaire de l’UL de Colmar Jeannot Schirrer, ils sont revenus sur la situation de leur entreprise et la place qu’y tient FO.
Malgré une situation qui reste difficile pour l’industrie et pour la métallurgie, il existe des entreprises qui tirent leur épingle du jeu et Liebherr est de celles-là. Ce spécialiste des équipements hydrauliques d’extraction minière (partie « mining ») et des moteurs diesel de grande puissance pour la partie « components » enregistre de bons résultats et a même réalisé des embauches, incitant les salariés à l’aider dans cette tâche tant les compétences recherchées sont devenues rares. Le site « components » a même inauguré, quelques jours avant l’assemblée générale, une nouvelle de production, opérationnelle depuis le mois de mai.
Côté syndical, notre organisation est incontournable sur les deux sites avec pas loin de 33 % des voix et est la seule à être présente sur les trois collèges. Une belle performance, surtout avec un effectif qui compte 42 % de cadres. Particulièrement active, l’équipe FO fait tout pour maintenir un dialogue social effectif et y parvient plutôt bien. NAO de bon niveau, accord sur le télétravail, participation équivalente à 2,5 mois de salaire : FO sait revendiquer, négocié et contracté quand cela apporte du plus aux salariés. Le syndicat a par contre refusé d’apposer sa signature sur l’accord égalité homme/femme, insuffisant aux yeux des métallos. Ils sont également très vigilants sur la complémentaire santé, importante pour les salariés. Inquiets de la mise en place des CSE, ils ont profité des explications très complètes de leur secrétaire d’USM Jean-François Ansel, également formateur fédéral et spécialiste du sujet. Enfin, Paul Ribeiro a conclu par un point sur l’actualité de notre organisation et les dossiers qui mobilisent l’équipe fédérale, en particulier la refonte du dispositif conventionnel de la métallurgie, qui concerne directement l’ensemble des salariés.

InFOs

 

Coordination Nidec : une nouvelle force


Les métallos FO de Nidec (ex Leroy Somer) se sont retrouvés pour la première fois en coordination nationale à la Fédération le 13 septembre autour du secrétaire fédéral Eric Keller. Face au développement de notre organisation au sein du groupe, renforcer les liens était une priorité. LA réunion a également permis un  point plus large sur la situation de Nidec.
Saint-Symphorien d’Ozon, Orléans, Angoulême, Belfort… L’essentiel des sites du fabricant de moteurs électriques Nidec était représenté. Si notre organisation a longtemps concentré ses forces sur l’unité d’Angoulême, qui regroupe le gros des effectifs de l’ex Leroy Somer, les métallos FO ont efficacement œuvré au développement syndical et ont permis à notre organisation de s’implanter sur plusieurs autres sites. « Notre succès ainsi que la centralisation d’un nombre croissant au niveau central ont rendu nécessaire la mise en place d’une coordination, explique Eric Keller. Ce faisant, il s’agit aussi de renforcer les liens pour mieux coordonner notre réflexion et nos actions. »
Les participants, après un point sur les mandats et leur réattribution, ont désigné Frédéric Gelin au poste de délégué syndical central. Ils se sont ensuite focalisés sur les conséquences du rachat de leur groupe par le Japonais Nidec début 2017. Passées les grandes déclarations de la direction nippone sur ses « grandes ambitions » pour Leroy Somer, les salariés s’inquiètent de la mise en place des méthodes japonaises de management et FO craint son extension à d’autres domaines, comme la production. Pour le moment, c’est surtout la perte d’interlocuteurs expérimentés dans le groupe en termes de négociations et de dialogue social que déplore notre organisation. Mais le manque de visibilité globale pose problème et les métallos FO s’élèvent contre une logique privilégiant le court terme au détriment du temps long indispensable pour construire, tant au plan industriel que social. Eric Keller les assurés du soutien de notre Fédération dans tous les domaines et a déjà pris rendez-vous avec l’équipe d’Angoulême pour le 17 octobre prochain.


Les collecteurs toulousains à l’honneur


Airbus Toulouse organisait le 10 octobre la réunion de ses collecteurs, qui ne sont pas moins de 850, en présence de Bruno Reynès, secrétaire du syndicat FO Airbus Opérations Toulouse et secrétaire fédéral, et du secrétaire général de notre Fédération Frédéric Homez, des secrétaires fédéraux Nathalie Capart et Philippe Fraysse, du DSC Airbus Opérations Jean-François Knepper et d’Eric Ferrero, trésorier du syndicat.
Toulouse accueillait le 10 octobre le traditionnel repas des collecteurs d’Airbus, qui a rassemblé plus de 850 personnes. Le secrétaire du syndicat FO Airbus Opérations Toulouse Bruno Reynès leur a rendu hommage pour leur engagement bénévole dans tous les secteurs de l’entreprise au service de FO. Etre collecteur, avec pour mission, entre autres, de récupérer les cotisations syndicales des adhérents, est une tâche difficile mais ô combien importante puisque l’indépendance financière du syndicat en dépend, a-t-il déclaré. Vous êtes de plus des relais de terrain, en transmettant de l’information vers les salariés et en faisant remonter vers les délégués des informations de tous les secteurs, essentielles pour le syndicat. Quel que soit votre statut, vous êtes investis à nos côtés et cela, sans mandat et sans heures de délégation. Vous êtes donc un rouage essentiel du syndicat, un rouage sans lequel une organisation comme FO, qui privilégie le travail de terrain, la relation directe avec ses adhérents mais aussi avec tous les salariés n’existerait pas. Ajoutant que cette proximité directe avec les salariés a toujours été la marque de fabrique de notre syndicat, il a rappelé que cette exigence se transmettait d’une génération de militants à la suivante et appelé les métallos FO à la faire perdurer. Bruno Reynès a ensuite évoqué la mise en place des CSE, qui va se traduire, dès début 2020, par une baisse des moyens syndicaux dans de nombreuses entreprises. Sur ce point, il a salué le travail accompli par les négociateurs FO, sous l’impulsion de Dominique Delbouis, qui a permis d’éviter l’application stricte de la loi qui définit des seuils sociaux historiquement bas.
Frédéric Homez a appuyé le propos, soulignant l’efficacité de la coordination FO Airbus dans cette négociation pour obtenir ce qui sera sans doute le meilleur accord de France. Après avoir lui aussi félicité les collecteurs pour leur engagement, il est revenu sur les dossiers qui mobilisent notre Fédération, au premier rang desquels la refonte du dispositif conventionnel de la métallurgie. Il a poursuivi en faisant le point sur les nombreuses réformes en cours et à venir sur lesquelles les positions, les actions et l’unité de notre organisation seront déterminantes pour la défense des salariés et de l’industrie.


Bernard Cocheteux nous a quittés


C’est avec tristesse que la Fédération FO de la métallurgie a appris la disparition de Bernard Cocheteux le 21 octobre à l’âge de 72 ans.
Pour les métallos FO du Nord, et plus largement, c’est un ami, un collègue et un camarade qui s’est éteint avec Bernard Cocheteux. Au cours de ses près de 50 ans de militantisme, l’ancien agent de maîtrise n’aura eu de cesse de défendre les salariés, et ce par tous les moyens possibles. Tout au long d’une carrière intégralement effectué chez le fabricant de batteries Tudor/Exide, Bernard Cocheteux aura occupé de très nombreux mandats : Secrétaire du CE, trésorier du CCE, élu CE, CCE, CHSCT ou encore délégué syndical central. Il a participé et mené les actions lors des différentes restructurations et plans sociaux, mais il était également un agitateur d’idées très efficace et apprécié dans les négociations collectives. Au niveau fédéral, il aussi siégé à la CA Fédérale aux côtés du secrétaire général Michel Huc, tout en étant secrétaire des Métaux de Lille puis secrétaire adjoint.
Cet infatigable défenseur des salariés aura également été conseiller prud’homal, administrateur MACIF, CAF et logement. Engagé au sein de sa commune de Wannehain, en tant que conseiller, puis Maire, il a été, là aussi, totalement dévoué pour ses administré(e)s. Au terme de deux mandats, il avait repris du service pour FO en tenant des permanences à l’union locale de Lille, dont il était membre du bureau. « Au-delà de l’ami profondément humain, intègre et au service des autres, se souvient Philippe Desbonnet, qui lui a succédé à l’époque à la tête des Métaux de Lille, Bernard restera un exemple pour le syndicalisme et pour notre organisation. »
La Fédération FO de la métallurgie et son secrétaire général Frédéric Homez partagent la peine de celles et ceux qui l’ont connu et aimé et adressent leurs condoléances à sa famille et ses proches.

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